Divagation Hors-Série : les anecdotes d’écrivains #BBEnLivre2018

 

Déjà, joyeux anniversaire à J. K. Rowling et à son sorcier mal coiffé. La base, nom de nom.
Ensuite…

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Bienvenue dans cette Divagation spécial Partir en Livre !

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« Partir en Livre, c’est quoi ? » Mais, tu as passé juillet enfermé.e dans une grotte ? Il s’agit de la fête nationale de la littérature jeunesse, célébrée partout en France à travers plus de 6500 événements. Elle a duré du 11 au 22 juillet ; d’ailleurs, je publierai bientôt un compte-rendu des événements auxquels j’ai eu la chance d’assister…
Revenons à nos moutons. Chaque jour de la fête a eu droit à un article de blog ou à une vidéo BookTube des blogueurs et booktubeurs organisateurs. Je t’en fais la liste ici, parce qu’il y a du joli et qu’ainsi, tu peux piocher dedans à loisir :
11 juillet : 5 raisons pour lesquelles j’aime la littérature jeunesse, par Le cahier de lecture de Nathan
12 juillet : Lire autrui : l’exil, par Pikobooks
13 juillet : 5 livres jeunesses qui ont donné envie de lire à Lupiot, sur son blog Allez vous faire lire
14 juillet : 5 livres avec lesquels Opalyne aurait aimé grandir
15 juillet : Deux des meilleurs livres de l’enfance de Mathilde, de Ma Malle aux Livres
16 juillet : Présentation de la BD « La Cité sans nom », par La Ronde des Livres
17 juillet : Relire ses livres jeunesse, par Marine’s Books
18 juillet : Les vers en littérature jeunesse, par Audrey du Souffle des Mots
19 juillet : De mai 68 à mai 2018 : une littérature pour passer le flambeau ? par La Voix du Livre
20 juillet : « Renommer le monde », par Cassandra Croque les Mots
21 juillet : BBenLivre vous observe : chronique d’ « IRL », par Misterkev
Le 22 juillet, Le cahier de lecture de Nathan a organisé un live sur sa chaîne Booktube : en voici la rediffusion

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Le 23 juillet, le graaand concours Partir en Livre annuel a été lancé ! N’hésite plus et tente ta chance, il y a tant de livres à gagner, et tu as jusqu’au 20 août 2018. Les modalités du concours sont partagées sur les réseaux sociaux de BBenLivre (@bbenlivre sur tous les réseaux).
Enfin, à partir du 24 juillet, place au OFF : c’est au tour des autres créateurs de la blogosphère de faire entendre leur voix, partenaires ou pas de Partir en Livre !
Le cahier de lecture de Nathan (décidément, il est partout) détaille ce OFF dans une vidéo dédiée. Les recrutements sont toujours ouverts, alors si tu es blogueur ou booktubeur et que le projet t’intéresse, va la voir ! Et inscris-toi ici…
Pour faire court, à l’instar des organisateurs, les créatifs volontaires publient chaque jour un article ou une vidéo en lien avec Partir en Livre ou la littérature jeunesse. Hier, le blog The Bookroom a partagé quatre sagas de fantasy fondatrices de sa jeunesse ; aujourd’hui c’est mon tour, et j’ai choisi de vous parler des anecdotes de nos écrivains jeunesse préférés.

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Les écrivains sont décidément de drôles d’oiseaux ; jusque-là, rien de bien nouveau ! Ils ont tous un mode de vie différent : certains ne travaillent que la nuit, d’autres se nourrissent exclusivement de pastèques fraîches, d’autres encore coupent tout contact humain et s’isolent dans des pays exotiques pendant plusieurs mois pour travailler à leur prochain bébé de papier…
Armée de ma curiosité et de ma motivation, je suis allée à leur rencontre avec un objectif chimérique : récolter des anecdotes d’écriture rigolotes. Ces profils atypiques ont accepté de me confier quelques-uns de leurs secrets, mais la route fut longue et semée d’embûches, et seules six anecdotes ont trouvé leur place dans ma sacoche de blogueuse aventurière.
Ces anecdotes, je vous les livre sans plus de cérémonie. Place aux meilleurs conteurs : les auteurs…

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La collection de valises de Timothée de Fombelle

Le Livre de Perle

« En écrivant Le Livre de Perle, je me sentais parfois comme dans un labyrinthe un peu abstrait. Ce livre est comme un feuilleté ! Une couche de féerie, une couche de l’histoire du XXe siècle, et un peu de moi entre ces feuilletages. 
Alors, sans savoir pourquoi, je me suis mis à accumuler dans mon atelier les valises de Joshua Perle.  Des vieilles valises que j’achetais dans les brocantes, que je récupérais dans les rues ou dans les caves. C’était enfin quelque chose de concret dans mon travail. Je les voyais s’entasser par dizaines, puis par centaines. J’écrivais dans leur ombre. Je me souviens que mon éditeur me prenait pour un fou. Ça ne semblait pas servir au livre.
Et pourtant, cela m’aidait tellement ! J’étais habité par le mystère de ces valises, leur histoire cachée.
Pour chaque livre j’ai besoin d’un prolongement dans le réel. Cela peut être des voyages, des secrets que je suis seul à connaître, des objets que je bricole…
Un jour, j’ai été mettre les valises dans un grenier sous un drap. C’était le seul moyen pour commencer une autre histoire… De laisser un peu de place dans mon atelier et dans mon imaginaire. »

Cette étonnante collection de valises est visible dans la bande-annonce du Livre de Perle partagée ci-dessus, que je trouve d’ailleurs admirablement réalisée

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Les crises de transparence de Nathalie Stragier

Transparente

« J’ai longtemps cru que j’étais trop discrète. Effacée, pas assez grande gueule. Jusqu’au jour où j’ai découvert la vérité… En réalité, je disparais ! Si les autres ne me voient pas, ne m’entendent pas quand je prends la parole, ne m’invitent pas aux soirées, ou passent devant moi dans les files d’attente… c’est tout simplement parce que je traverse un phénomène rare mais bien réel : une crise de transparence.
Poser ce diagnostic a bien sûr été un grand soulagement. J’ai désormais une explication rationnelle à ces moments désagréables. Pour écrire mon roman Signe particulier : transparente, j’ai effectué des recherches pointues. Voici un extrait de la revue American Scientist, numéro de janvier 2018 (traduit de l’américain par mes soins)
« D’après une étude menée sur 10 000 individus de 2015 à 2017, 0,01% de la population mondiale est parfois atteint de périodes d’invisibilité, également appelées transparentus crisis. Il s’agit d’une pathologie qui atteint exclusivement les sujets manquant de confiance en eux. Cette affection concerne les deux sexes et peut survenir à n’importe quel âge, avec un risque plus important constaté autour de l’adolescence. A ce jour, il n’existe aucun traitement médicamenteux connu. » »
Signe particulier : transparente sortira le 30 août aux éditions Syros. Si ce témoignage ne t’a pas encore suffisamment intrigué.e, je t’invite à aller lire ma chronique

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Le road trip de Taï-Marc Le Thanh

Le jardin des épitaphes

« J’ai toujours aimé associer des voyages à des projets d’écritures, comme si le déplacement était capable d’alimenter l’inspiration. Lorsque je me suis lancé dans le Jardin des Épitaphes, une évidence m’est apparue : j’allais un jour réaliser le trajet de mes trois personnages principaux. Dans le tome 1, ils traversent la France et l’Espagne avant de se rendre au sud du Portugal, dans un endroit appelé le Cap St-Vincent. Dans le tome 2, ils traversent les États-Unis, de New-York à San-Francisco. J’ai fait le premier trajet en compagnie de mes enfants en 2015, en essayant de respecter scrupuleusement les points d’étapes. Le livre était déjà écrit, je m’apprêtais à rentrer en phase de correction. Je me suis nourri de ce voyage pour affiner mon écriture, rendre les détails crédibles. L’année suivante, je n’ai pas hésité une seule seconde à renouveler l’expérience. Et c’est ainsi que je me suis lancé dans la traversée du continent américain. Mes étapes ont été celles de mes trois héros. J’ai pris le train de New-York à Pittsburgh, puis une voiture jusqu’à Chicago, de nouveau le train jusqu’à St-Louis et enfin une voiture jusqu’à San Francisco. Le voyage a été incroyable, riche de rencontres avec les locaux et de paysages fantastiques. Très vite, j’ai trouvé mon rythme. Étant seul, je jouissais d’une liberté totale.
Pendant ces trois semaines, je n’ai pas produit énormément, mon trajet était tel que je manquais d’énergie pour m’y mettre le soir. À mon retour en France en revanche… J’ai écrit un album, relatant la conquête de l’Ouest Sauvage et je me suis attelé à la correction du tome 2.
Cette expérience d’écriture a été si enrichissante que je n’ai plus qu’une idée : la renouveler. Et je compte bien le faire très très vite. »
Taï-Marc Le Thanh est un passionné de gifs : il a alimenté son site dédié, Giphtongue, avec des œuvres faites maison de toute beauté… A retrouver ici !

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La bonne chère de Clémentine Beauvais

Les petites reines

Dans Les petites reines, à travers ses héroïnes, Clémentine Beauvais a laissé libre cours à sa passion pour la nourriture… et surtout pour les boudins ! Elle éclaircit cet aspect du roman en le justifiant grâce à cette anecdote.
« J’explique en partie l’obsession pour la nourriture par le fait que je l’ai écrit en grande partie en vacances en Italie, aux heures les plus chaudes de la journée. Ma sœur, qui révisait son concours, et moi, on fermait tous les volets, elle se mettait à ses manuels et moi à mon ordinateur. Et pendant quatre heures d’affilée, on écrivait, on buvait du café, et on mangeait des pastèques…! Le soir venu, on sortait en chasse de burrata, de spaghetti cacio / pepe, de tagliatelle alla vongole et de panna cotta…Et même si Les petites reines décrit de la nourriture très française, l’appétit qui m’animait était très italien. Et le livre a été nourri de ce soleil, de ce calme, de cette sororité heureuse. »

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Comme on dit parfois, un boudin en famille vaut mieux que deux en solo. Sur ce, je m’en vais googliser les délices évoqués par Clémentine, dont les noms m’allèchent déjà…

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L’exil slovaque de Flore Vesco

De cape et de mots

« Dans une vie antérieure, j’étais professeur de Français, et j’avais depuis longtemps envie d’écrire un roman qui mettrait en scène un personnage de bouffon. Mais mon métier ne me laissait pas le temps de le faire, ou alors je repoussais toujours le moment de m’y mettre… et à force la frustration s’amoncelait doucement. Du coup, à un moment, j’ai pris une décision assez drastique. J’ai quitté mon poste de professeur, et je suis partie m’isoler à l’étranger, dans un pays où je ne connaissais personne, où je n’aurai donc aucune vie sociale, et aucune distraction. J’ai choisi… la Slovaquie. Je suis partie à Kosice, une petite ville à l’est du pays. J’ai demandé au propriétaire de couper l’accès au Wifi dans l’appartement que j’ai loué (quand je vous disais que j’avais décidé de supprimer les distractions !). Je suis restée là-bas un an, et je suis rentrée en France avec « De cape et de mots » dans mes valises. Fin de l’anecdote !
PS : Pour la véracité du récit, précisons quand même :
1)    Que je n’ai pas écrit à plein temps : il fallait bien se nourrir et payer les factures, je donnais des cours de Français 12 heures par semaine dans une université slovaque.
2)    Que je n’ai pas eu une vie complètement monacale, en fait… je me suis fait des amis sur place ! Allez à Kosice, le centre-ville est drôlement joli, les montagnes alentour sont magnifiques, et les habitants très accueillants ! »

Slovaquie

En plus de ce goût de l’aventure, Flore Vesco cultive un sens de l’humour très particulier (et proprement succulent, pour rester dans le thème des boudins) qui laisse libre cours à son extravagance sur son site d’autrice

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Les séances cinéma de Christophe Mauri

Mathieu Hidalf

« Je me souviens d’une anecdote au tout début de l’écriture de ma série Mathieu Hidalf. J’avais alors 22 ans, mon premier roman n’était pas encore paru et je venais de rencontrer mes éditeurs chez Gallimard Jeunesse.
J’étais bloqué en plein cœur de mon deuxième tome lorsque le Disney Raiponce est sorti sur les écrans. Je me retrouve à voir Raiponce un premier soir. Aussitôt j’adore. Je trouve le scénario et la créativité formidables. Je me dis qu’il y a là, sous mes yeux, mille enseignements à tirer pour mon deuxième Mathieu Hidalf. Le lendemain, même cinéma, même heure, même salle, je débarque seul pour revoir Raiponce, assis au dernier rang, un cahier en main. Cette deuxième séance, hélas ! ne suffit pas. Le surlendemain, pour la troisième fois en trois jours, je retourne donc voir Raiponce avec mon cahier, même cinéma, même heure. Je prends mon ticket et m’apprête à rentrer en salle lorsqu’un employé du cinéma, habillé d’un costume, m’interpelle :
– Monsieur, pardon, où allez-vous ?
– Je vais voir princesse Raiponce, lui dis-je.
– Il y a actuellement une retransmission de l’opéra de Paris dans cette salle, me répond-il. Le tarif est supérieur, vous ne pouvez pas y accéder.
Et moi, pour prouver ma bonne foi, de répondre comme une fleur :
– Je suis désolé, j’ai vu Raiponce hier et avant-hier dans cette même salle. J’y suis retourné sans faire attention.
C’est en lui tournant le dos que j’ai réalisé, un peu honteux, qu’il devait se dire : « Mais qui est ce fou ? »
Quelques minutes plus tard, j’étais assis au dernier rang devant Raiponce et la Tour Disparue, une tour secrète dissimulée dans l’école de Mathieu Hidalf, y faisait son apparition : elle est sans aucun doute un écho de la tour dont Raiponce est si longtemps  prisonnière. Je pense que si j’étais allé voir Raiponce une quatrième fois de suite, Mathieu aurait eu un caméléon à quatre têtes pour animal de compagnie ! »

Raiponce

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C’en est fini pour les anecdotes. Quoi, déjà ? Ce fut si court !
Un vaste merci aux auteurs et autrices ayant accepté de se prêter au jeu pour la rédaction de cet article. Vous acquerrez auprès de votre lectorat une aura de bizarrerie renouvelée… mais peut-être était-ce votre but, après tout ? Peut-être nous retrouverons-nous plus tard pour un nouvel épisode, qui sait ?
BookTube et la Blogo en Livre, ce n’est pas fini : rendez-vous demain sur la chaîne BookTube de La parenthèse d’Axelle pour du nouveau contenu estampillé BBenLivre…

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Amitiés,
La Chimère.
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3 commentaires

Vivrelire · 31 juillet 2018 à 12 h 55 min

Merci beaucoup pour ces anecdotes super intéressantes qui nous en apprennent un peu plus sur les auteurs et sur le processus d’écriture. Ton article est très bien écrit j’adore, tu fais du très bon travail je trouve ❤

    llachimere · 1 août 2018 à 10 h 41 min

    Merci mais tout le travail vient des auteurs eux-mêmes, je n’ai fait que mettre en page <3 Ils sont sacrément bizarres quand même^^

      Vivrelire · 1 août 2018 à 16 h 42 min

      Oui c’est vrai qu’ils sont plutôt étranges 😂

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