Changement de rythme et digressions sociétales

 

  Peut-être l’as-tu remarqué : en août, seules deux chroniques ont été publiées. Pourtant, le rythme du blog est normalement d’une chronique par semaine, soit quatre par mois. D’où vient ce petit couac ? D’une grande démotivation partiellement due à la mollesse estivale, et surtout à la lecture d’une série de livres scolaires en espagnol, donc très peu intéressants à chroniquer.
  Néanmoins, le rythme hebdomadaire ne va pas revenir en septembre. Explications.
  Cette année, je rentre en terminale littéraire. Année dure, il y a le bac au bout, mais ça passe tu me diras. Ça passerait peut-être si je n’avais pas des options lourdes qui vont, je le sais, me demander beaucoup de travail à la maison et d’attention en cours… Pour te faire une petite idée, j’ai huit heures d’espagnol supplémentaires par semaine, et toutes mes épreuves d’espagnol réunies seront coefficient 17 au bac. Autant dire que j’ai moyennement envie de me rater. Je vise la mention bien, voire très bien soyons fous. Et pour l’avoir, cette mention, il va falloir bûcher non seulement pour les épreuves, mais aussi pour le contrôle continu, qui sera aussi décisif pour mon admission post-bac.
rr
  Le blog restera actif, mais les chroniques n’auront plus de rythme de publication fixe. Une chronique à écrire par semaine, ça peut sembler facile ; beaucoup de lecteurs pensent qu’une chronique s’écrit en une demi-heure, voire une heure. Détrompe-toi ! Déjà, il y a chronique et chronique. Entre les articles de vingt lignes à peine argumentés et les articles de trois pages avec thèse-antithèse-synthèse, il y a un monde. Personnellement, une chronique me prend approximativement trois heures, et je ne l’écris jamais d’une seule traite pour garder une vue d’ensemble des sujets que je traite. Les Gazettes Dodécadentes me prennent aussi beaucoup de temps – les Book Haul moins, depuis que je les ai fait passer à une fréquence trimestrielle.
  Je ne peux plus garantir de lire un roman chroniquable par semaine, ni d’avoir le temps d’écrire une chronique de qualité et de pertinence suffisantes en une semaine. Parce que m’assurer une bonne scolarité reste ma priorité pour l’instant, et aussi parce que le blog n’est pas mon activité extrascolaire principale.
 rr
  Ça fait bien un an, sûrement plus, que je me démène pour publier au moins un article par semaine. Pour que mon blog ne semble pas abandonné, pour garder une dynamique par rapport à lui et rester motivée pour le tenir à flot. Parce que, on va pas se mentir : si j’écris, c’est pour être lue.
  Je sais que beaucoup de blogueurs ne partagent pas mon point de vue : leur blog leur sert à s’exprimer et le simple fait d’écrire sur les livres qu’ils lisent les satisfait. Beaucoup de visiteurs ou no man’s land ? Peu importe, tant qu’ils y prennent du plaisir et aiment ce qu’ils font ! Sur cet aspect du blogging, je suis un peu plus cynique, pour plusieurs raisons.
  Mon blog n’a pas beaucoup de succès. Ça tient à plusieurs détails : je parle beaucoup de fantasy mais presque exclusivement francophone, quand ce sont les best-sellers états-uniens qui font l’unanimité sur le marché au détriment de nos bons produits nationaux – ce que je déplore fortement. La fantasy jeunesse a beaucoup moins de visibilité que les romans réalistes, à part quelques succès à la Harry Potter ou Tara Duncan. Alors avoir pour sujet de prédilection la fantasy jeunesse, ça attire peu de foule. Je ne m’en formalise pas particulièrement : c’est le jeu, je sais ce que je fais et ce que je rate potentiellement.
  Mais mon blog a deux ans, des chroniques hebdomadaires, me prend beaucoup de temps, et dispose de très peu de visibilité. Je ne veux pas faire de compétition mais quand je vois des blogs vieux de six mois qui publient deux fois par semaine des « chroniques » de vingt lignes sur des romans états-uniens et qui ont une audience de malade, ça pique un peu mon ego. (Si tu lis ces lignes, que tu es blogueur et qu’on s’est déjà parlé au moins une fois, n’aie crainte, je ne te vise pas : cette description colle à des blogs avec lesquels je n’ai jamais interagi, mais que j’ai déjà eu l’occasion d’observer par les réseaux sociaux.)
  Là, ça coince plus, par rapport à ce que j’ai avoué plus haut : j’écris pour être lue. Ça doit tenir à mon activité extrascolaire principale, que je différencie du blogging : l’écriture de fiction.
  Parce que si le blog est l’activité qui me prend le plus de temps au quotidien, je suis écrivaine avant d’être blogueuse. Et cette hiérarchie forcée dans l’importance donnée à mes activités littéraires commence à me taper sur le système. Comprends : passer plusieurs heures par semaine sur une chronique qui aura dix vues à tout casser, et n’accorder que quelques heures par mois à mes projets d’écriture qui me sont plus chers sur le long terme. Quelque peu frustrant.
  A chaque fois que j’ose mentionner lors d’une conversation, même à demi-mot, le fait que mes chiffres me déçoivent par rapport à mon investissement dans mon blog, on me fait remarquer, généralement avec un long regard et une moue assurée : « Mais de toute façon t’écris pas pour les chiffres, c’est surtout parce que ça te plaît et que tu prends du plaisir à le faire ? » Questions rhétorique évidemment, je dois bien aller dans le sens de mon interlocuteur en confirmant sa vision idéaliste du blogging. On dirait un remake du mythe qui veut que l’artiste ne vive que pour ses œuvres en se nourrissant d’amour et d’eau fraîche, tu sais. Oui, ce que je fais me plaît et me satisfait, mais d’un point de vue réaliste, je dois « sacrifier » trop de choses pour la pérennité de mes chroniques. C’est toujours plus valorisant d’avoir de bons chiffres, une communauté et de la visibilité sur la blogosphère. Quand tu cumules vingt vues sur un article en un mois, article sur lequel tu as passé des heures, alors que les rares personnes à l’avoir lu t’ont dit qu’elles le trouvaient génial ; quand tu n’oses plus poser des questions à tes lecteurs en fin de chronique parce que tu sais pertinemment que tu ne recevras aucun commentaire en réponse, quelque chose ne va pas. Surtout après deux ans d’expérience et d’évolutions constantes pour essayer d’améliorer ses performances.
  Il faut s’y résigner : dans la blogosphère de nos jours, c’est moins le blog lui-même que la visibilité du blogueur sur les réseaux sociaux qui joue. J’écris autant de chroniques qu’il y a un an mais depuis que j’ai Instagram et que je me force à publier régulièrement sur Twitter, j’ai un peu plus de vues. C’est triste parce qu’un blogueur qui passe une demi-heure sur une chronique avec une grammaire approximative, mais qui postera trois stories quotidiennes sur Instagram aura plus de succès qu’un blogueur qui se limite à Facebook mais qui fait des chroniques complètes et argumentées. La blogosphère change, c’est le jeu encore une fois ; il faut l’accepter. Les blogueurs ou booktubers les plus connus commencent à publier des livres avec leur renommée en étendard pour faire de bonnes ventes, les maisons d’éditions donnent de plus en plus d’importance à leurs partenaires blogueurs. Et ceux qui veulent encore dire du mal d’un livre en argumentant mieux qu’un « j’ai pas aimé », ceux surtout qui oseront critiquer un peu trop abruptement un livre Service Presse, perdront leur visibilité.
rr
  Et j’ai l’impression que je m’éloigne dangereusement du sujet initial de cet article, alors que je voulais juste parler du changement de rythme du Monde Fantasyque, pas faire une critique sociétale de la blogosphère littéraire en 2017. On va recentrer, si tu le veux bien.
  Si tu es blogueur et que, comme moi, tu accordes de l’importance à ta visibilité, n’aie pas honte de le dire. Tant que tu sais faire la part entre ta passion et ta soif de célébrité, assume de vouloir être lu, reconnu. C’est parfaitement normal. L’affirmer ne fait pas de toi un être vénal qui ne pense qu’au succès et qui ne mérite que le dénigrement de ses collègues blogueurs. Tu es juste réaliste et tu écris pour être lu, bravo, comme ta copine Chinmoku.
  On recentre un petit peu plus, là, on y est…
 rr
  Donc à partir de septembre, les chroniques ne seront plus hebdomadaires. Elles seront sans aucun doute moins nombreuses, mais la qualité ne devrait pas baisser – la longueur non plus, tu constates par toi-même combien j’aime écrire des pavés. Je prends cette décision pour pouvoir me concentrer sur mes cours et sur mes projets annexes au blogging qui, pour l’instant, m’apportent plus de satisfaction et de bons retours d’investissement que mes chroniques.

 

Sur ce, amitiés et bonne rentrée <3
Chinmoku.
Partager sur les réseaux sociaux

8 commentaires

revanbane45 · 3 septembre 2017 à 9 h 35 min

Bonjour, tout d’abord je te souhaite plein de courage et plein de bonnes choses pour cette nouvelle année qui s’annonce décisive pour toi. J’ai mon blog depuis également 2 ans environ et oui effectivement ce serait mentir que de dire que je ne regarde pas les stats du nombre de vues et de visiteurs mais disons que pour assurer une certaine visibilité de mon blog, je me suis mis à faire certains rdv hebdomadaires qui attirent du monde et qui permet du coup de donner un peu plus de vue à message chroniques. Après en ce qui concerne celles-ci je n’ai pas la même vision des choses que toi, ce qui me plaît d’avantage à les écrire c’est le fait de donner mon ressenti à chaud, d’exprimer toute en simplicité ce qui m’a plu ou déplu dans tel ou tel livre. Je ne fais pas des chroniques immenses la seule chose que je m’impose est le fait de ne pas spoiler, ce qui me gêne énormément chez beaucoup de blogueurs qui se sentent obligé de raconter le livre dans leur chronique. Voilà bref ce roman pour te dire encore une fois bon courage pour ton année pas de prise de tête avec ton blog, tu publis quand tu peux et quand tu veux il reste ton blog à toi et c’est ce qui doit être le principal pour chacun d’entre nous

    chinmokuchimere · 3 septembre 2017 à 9 h 45 min

    Les rendez-vous hebdomadaires me prennent beaucoup de temps et je trouve les miens très rapidement redondants… Je plaide coupable pour les chroniques, si je fais de mon mieux pour ne rien spoiler, j’adore développer toutes mes idées sur des lignes et des lignes^^ Merci pour ces encouragements et pour ce long commentaire très instructif 🙂

revanbane45 · 3 septembre 2017 à 9 h 35 min

Ouffff 😊😉

Enora - L'écume des mots · 3 septembre 2017 à 9 h 36 min

Au départ, j’écrivais juste pour me libérer l’esprit parce que mes avis sur les livres prenaient quand même pas mal de place dans ma tête (elle est petite faut pas m’en vouloir). Mes chroniques, je ne me force pas à les écrire, j’utilise mon ressenti, le feeling et tout. Mais quand j’écris une chronique, ça me prend du temps. J’écris d’abord un premier jet papier (oui à l’ancienne, serais-je vieille ?) puis je le retape sur ordi en corrigeant le maximum de faute, en changeant quelques phrases… et enfin je l’écris sur le blog. Une fois fait, il faut regrouper les infos, mettre des petit gif parce que j’adore et caetera. En bref, écrire une chronique me prend plusieurs heures même si elle n’est pas aussi argumentée que les tiennes (mon côté pragmatique de scientifique peut-être). J’ai aussi découvert que pour faire connaître mon blog, les réseaux sociaux étaient obligatoire. Alors c’est partit pour du temps en plus à écrire des post en vérifiant qu’ils changent un peu des autres. Et quand, une fois que j’ai fait tout ça (temps en moins pour les amis, devoirs et autres obligations) je vois que sur les réseaux personne ou presque ne répond à mes questions, que le nombre de j’aime est inexistant ou encore que mes abonnés de blog tournent autour de 30 alors que je suis sur la blogosphère depuis 3 ou 4 ans, je suis dégoutée. Surtout quand je vois que des Instagrammers n’ayant pas de blog récoltent en publiant un mini avis sur un best-sellers états-unien au moins 50 j’aime et presque autant de commentaires.
Bon, finalement, moi aussi je me suis écartée du sujet de base…
En tout cas, loin de moi l’idée de crier à la trahison parce que ton rythme baisse.

    chinmokuchimere · 3 septembre 2017 à 9 h 48 min

    Tu vois qu’on digresse vite avec ce sujet x) c’est pour ça que je songe à en faire un article à part, y a plein de choses à dire !
    On ne va citer persooonne, mais c’est vrai que se comparer à certains comptes Instabooks devient rapidement frustrant… Et en dépit de toute notre bonne volonté, il faut un travail à long terme pour voir ses efforts récompensés en matière de temps passé à écrire des chroniques. Un temps que je n’ai plus, ou en tout cas que je n’aurai plus jusqu’à l’année prochaine, en post-bac…

Enora - L'écume des mots · 3 septembre 2017 à 9 h 38 min

Au fait, j’adore ta photo de profile <3
Bon courage pour cette année, que Farouk soit avec toi (c'est fou, maintenant, Farouk est un mot que mon ordi me propose de lui même x)

    chinmokuchimere · 3 septembre 2017 à 9 h 48 min

    Merci <3 Le Seigneur Farouk t'apporte sa lumière au quotidien ohoho reconnais sa puissaaance

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *